Quand l’eau devient la clé de la souveraineté alimentaire : le GWP-AO au forum de Sol Vert

Le 23 juillet 2026, le Centre Cardinal Paul Zoungrana de Ouagadougou s’est transformé en véritable carrefour d’idées et d’engagements. Pendant trois jours, chercheurs, décideurs, producteurs, ONG et institutions se sont retrouvés autour d’un thème vital : territorialiser les systèmes alimentaires burkinabè par l’approche bassin versant.

Au cœur de cet événement majeur organisé par Sol Vert, une voix s'est particulièrement fait entendre : celle de M. Hilaire ILBOUDO, représentant du Global Water Partnership Afrique de l'Ouest (GWP-AO).

Une intervention qui a marqué les esprits

Avec passion et clarté, Hilaire ILBOUDO a rappelé à l’auditoire une vérité trop souvent négligée : « Il ne peut y avoir de sécurité alimentaire sans sécurité hydrique. »

Son intervention a captivé les participants en démontrant que l'eau, loin d'être une simple ressource, est le principal facteur de production. Et pour la protéger, nous devons raisonner à l'échelle naturelle qu'elle a toujours définie : le bassin versant.

Le bassin versant, territoire naturel de la résilience

À travers des exemples concrets, il a expliqué comment la dégradation des têtes de bassin entraîne des sécheresses plus intenses, des inondations plus destructrices et, inévitablement, une crise alimentaire.

Son message était clair : pour mettre en place des systèmes alimentaires durables, l’eau doit être placée au cœur des politiques locales, tout en renforçant le rôle des collectivités territoriales. Ces dernières disposent de leviers puissants — aménagement du territoire, gestion des sols, restauration des terres, mobilisation des communautés — mais doivent dépasser les frontières administratives pour adopter une gouvernance territoriale fondée sur les bassins versants.

Le GWP-AO n’est pas resté au stade théorique. Hilaire ILBOUDO a montré comment l’organisation aide déjà les pays de la région à mettre en œuvre la gestion intégrée des ressources en eau (GIRE), à mobiliser des financements pour le climat et à préparer des projets bancables destinés au Fonds vert pour le climat ou au Fonds d’adaptation.

En d’autres termes, le GWP-AO fait du bassin versant un espace de coopération, d’investissement et de développement territorial.

Des recommandations fortes

Pour conclure, cinq recommandations ont été formulées :

  • Institutionnaliser la planification du système alimentaire à l'échelle des bassins versants.
  • Renforcer les capacités techniques et financières des collectivités territoriales.
  • Mettre en place des mécanismes de financement innovants (paiements pour services environnementaux, fonds verts territoriaux).
  • Consolider la gouvernance multi-acteurs.
  • Protéger les têtes de bassin comme investissement prioritaire.

Une vision inspirante

La participation du GWP-AO a donné une dimension régionale et stratégique au forum. Elle a rappelé que la souveraineté alimentaire ne se joue pas seulement dans les champs ou les marchés, mais aussi dans la manière dont nous protégeons et gérons l’eau, ce bien commun vital.

Ce forum de Sol Vert a ainsi montré que l’avenir des systèmes alimentaires burkinabè dépendra de notre capacité à penser et agir à l’échelle des bassins versants, là où l’eau dessine naturellement les territoires de demain.

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